Conduire une séance d'appropriation collective du spectacle Comment accompagner des enfants au des adolescents dans leur apprentissage d'une posture critique? Les propositions qui suivent tiennent compte des différents âges scolaires, du premier degré aux classes de collège et de lycée. A chacun de les adapter à son équipe de jeunes critiques.
Une fois le spectacle vu
Se demander ce qui persiste, et comment l'exprimer, le manifester, le donner hors de soi. On travaille sur l'empreinte et la trace.
Prendre en compte cette réception, ce choc émotif et esthétique S'interroger sur l'aide-mémoire RC
Susciter ou favoriser le désir d'exprimer l'expression de cette participation immédiate. Après pourra s'exprimer la prise de conscience de l'illusion produite par le spectacle.
Les notes que l'on prend pendant la projection ou tout de suite après.
Confronter ses notes. S'interroger sur les choix que l'on a fait, sur les critères. Qu'est-ce qui a déclenché la prise de note. Qu'a-ton écrit ? Un repérage de l'histoire, de la conduite du récit ? Un ragment de dialogue? Une émotion, une réaction ? Un jugement, une appréciation ?
S'appuyer aussi sur la subjectivité
Avons-nous tous vu le même film ? Quel crédit puis-je me donner qui m'autorise à parler de la pièce, me permette de parler de la pièce sans parler de mai? En acceptant que c'est toujours aussi de moi que je parle?
Décrire, raconter, résumer, nommer, citer? Quelle place fait-on inévitablement à la subjectivité ? Est-ce du film que je rends compte ou de moi devant le film ?
Cheminement progressif vers la prise en considération d'effets de sens.
Justifier une mise en oeuvre par l'effet de sens qu'elle projette. Le pour quoi du spectacle.
Interroger le regard et l'écoute. Qu'ai-je vu, perçu de ce spectacle, qui m'était effectivement destiné? Comment rétablir ce que j'ai ajouté, supprimé, déformé parce que je suis un spectateur infidèle ou distrait ?
Ce film, ou ce spectacle, aurait-il un projet pour moi? Me souffle-t-il une, des entrées critiques?
Comment puis-je le saisir dans le flux intermittent, subjectif, infidèle de mon souvenir? Comment éviter d'ajouter ce prisme? Comment puis-je composer avec ce prisme inévitable
Qu'est-ce que prendre distance critique? De quoi s'éloigner?
A la manière de Machiavel, s'éloigner pour mieux voir. Partir de l'impression globale : unité de l'oeuvre mise en scène et représentée, "unité organique" sensible partout et partout concertée, pour revenir à Eisenstein.
A la manière d'une enquête, procéder à rebours
Le travail critique prend appui sur cette impression première, globale, sur cette chaîne d'émotions successives qui composent la partition affective du spectateur. Identifier les formes, les couleurs, les sons, les rythmes qui construisent la dimension esthétique du spectacle.
Remonter de ce que je reçois à ce qui m'est donné. De ce qui m'est donné à ce qui a été préparé, prévu, construit et répété. Puis représenté ou écrit, mis en scène, monté.
Sur quoi le spectateur éclairé, averti, peut-il s'appuyer?
D'abord sa participation à l'oeuvre, la qualité de son émotion esthétique, son génie de public, la pertinence de son regard et son expérience.
Rôle déterminant de la qualité de ce premier regard, de cette première écoute, de cette première complicité avec l'œuvre née bien souvent du souvenir d'autres films, culture commune partagée avec le cinéaste.
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